Cet épisode s’inscrit dans La Fabrique du roman, une série de textes consacrés à la construction du roman Genèse imparfaite de Nathalie L’HOSTIS, publié aux éditions Pilar.
À travers dix épisodes et deux bonus écrits par l'autrice, cette série revient sur la genèse littéraire et éditoriale du livre, de l’idée initiale aux choix d’écriture et d’édition, en lien étroit avec le monde hospitalier, les maladies rares et les réalités du soin.
Nous réalisons depuis 2012 des formations sur les réseaux sociaux pour les établissements et professionnels de santé. Parmi nos préconisations, nous recommandons de prendre connaissance des conditions générales d’utilisation de chaque réseau. Parmi les motifs de bannissement, l’usage de certains termes peut emmener des ennuis. Les trois petites étoiles doivent leur présence à cette règle.
Il y a trois scènes de s*** dans mon premier roman. Il n’y en aura aucune dans le second.
Deux points majeurs traversent mon histoire : la genèse et le corps.
La première amène à la notion de la conception et pas que d’un point de vue médical. Réaliser ce type de paragraphes était logique, au même titre que la description des paysages ou des personnages.
Le second me pousse à dire que je considère le corps comme un objet politique et un incontournable du vivant. Or vivre, c’est aussi aimer.
Si le corps peut être violemment malmené, il m’était indispensable de contrebalancer par des passages d’intimité qui montreraient combien des individus peuvent communiquer, comprendre l’autre et soi-même, se transcender.
Ces principes étant posés, à l’heure de les écrire, je n’en menais pas large, mon autisme n’arrangeant rien à l’affaire.
Ce n’est que plus tard que j’entendis Nicolas Mathieu. L’auteur de Connemara s’exprimait lors d’une conférence durant le Festival du Livre de Paris 2024 avec ces deux conseils : la scène de s*** ne doit pas être une récompense ni pour le lecteur ni pour l’auteur; elle ne doit pas être une série de changements de positions à la SAS. Elle doit avoir un rôle dans la dramaturgie et continuer l’histoire. C’est un exercice d’écriture où les clichés constituent un risque et où il faut trouver ses propres mots.
« Le corps est un personnage. Cela doit avoir du sens, mais il n’y a pas tant de mots que cela pour décrire ces situations. »
J’ai intuitivement suivi ce chemin pour mes héros. Ces scènes furent une opportunité pour comprendre la formation des relations entre eux, avec trois axes pour les élaborer : l’imagination, les sens, le respect.
Si mon roman est un drame, par une sorte de conjuration, je voulais aussi qu’il contienne une grande histoire d’amour complexe. Je n’ai pas pris plus de temps pour elle mais avais pleine conscience de l’exposition et des risques qu’elle représentait.
Notre culture visuellement saturée, stéréotypée et conformiste ne permet pas de penser que les rapports intimes peuvent avoir un impact jusqu’à l’Histoire même. Que serait Sébastopol si Catherine II et Potemkine n’avaient pas vécu une courte mais fougueuse relation ? Je suis portée à croire que c’est leur passion charnelle qui a construit leur confiance, leur compréhension mutuelle et ce quelque chose de l’ordre de la communauté d’esprit, de la fidélité, de la loyauté et d’une pensée partagée, si stratégique fût-elle.

Photo issue de la mini-série ‘Catherine the Great’ © Sky UK Ltd
Texte écrit le 30 décembre 2025 par Nathalie L'Hostis.
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