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La Fabrique, épisode 10 : Hommage au Docteur et prix Nobel de la Paix, Denis Mukwege

Cet épisode s’inscrit dans La Fabrique du roman, une série de textes consacrés à la construction du roman Genèse imparfaite de Nathalie L’HOSTIS, publié aux éditions Pilar.
À travers dix épisodes et deux bonus écrits par l'autrice, cette série revient sur la genèse littéraire et éditoriale du livre, de l’idée initiale aux choix d’écriture et d’édition, en lien étroit avec le monde hospitalier, les maladies rares et les réalités du soin.


 

Dans quelques lignes va se clore cette série où j’ai expliqué comment s’est conçu mon premier livre. Deux bonus suivront.

 

Tout ce que j’ai dit à propos de mon roman Genèse imparfaite est vrai : démarrer une histoire par la découverte d’une maladie rare, s’appuyer sur ma connaissance du domaine hospitalier pour rendre l’histoire concrète, travailler comme jamais sur le texte, inventer des personnages.

 

Tout ce que j’ai dit est rigoureusement vrai. Mais incomplet.

 

Je n’ai pas évoqué une dernière date, la plus importante : le 10 décembre 2018, quand je découvre le prix Nobel de la Paix.

 

« Je m’appelle Denis Mukwege. Je viens d’un des pays les plus riches de la planète. Pourtant, le peuple de mon pays est parmi les plus pauvres du monde. »

 

Je suis toujours émue et choquée lorsque je relis son discours de lauréat, dont le récit est aussi insoutenable qu’immense est le courage de cet homme à la vie en danger.

 

Voici la vraie raison de l’écriture de Genèse imparfaite : raconter ce qu’il peut se passer quand le corps des êtres est enfreint, fracturé, violemment détruit pour des raisons de pouvoir.

Voilà le motif profond de mon expérience : se décaler des statistiques et des nécessaires combats politiques pour imaginer, de l’intérieur, les répercussions d’agissements violents, criminels, éternels mais invisibles. Car j’en suis convaincue : ce qu’il arrive à une personne, même hors géopolitique, peut avoir des impacts sur plusieurs générations, d’autant plus si ces drames portent le sceau du secret.

 

Le corps – des femmes en particulier – est LE sujet que j’ai voulu traité, avec l’idée un peu insensée de déranger nos connaissances et nos croyances, si grandes et ouvertes sont-elles. J’ai cependant mes propres limites : parce que le message compte plus que le réel, mes évocations sur la violence sont ponctuelles et certainement en deçà d’une certaine réalité.

 

Dans ces situations tragiques et scandaleuses, il est un phare : l’hôpital. La clinique.

Ces équipes qui, de jour comme de nuit, parfois au péril de leurs vies, soignent des personnes à qui on a voulu ôter leur humanité.

Celle du Fonds Dr Denis Mukwege - Hôpital Panzi à Bukavu, en particulier. Qui accueille-t-il ? Des survivants de cette guerre trentenaire en République Démocratique du Congo (RDC) qui n’a pas le goût de saturer nos fils d’actualité. Son modèle repose sur des soins holistiques alliant médical, psychosocial, droit et aspects socio-économiques.

Nos maisons des femmes s’en approchent et c’est une grande évolution.

 

Il y a quelques jours s’est tenu le 6e Congrès de la Chaire internationale Denis Mukwege à l'Université libre de Bruxelles. Comme en écho, son thème était « Du corps meutri à la résilience ou comment réparer l’invisible ».

Lire, filmer, soigner, militer : les voies sont nombreuses et la mienne, minuscule, est ma plume, forme de relais et d’action je me suis trouvée.

 

La Fabrique du roman (Pilar), Genèse imparfaite, Nathalie L'Hostis, épisode 10

 

Photo publiée par Gloria Mukolo sur LinkedIn

 

 

Discours du lauréat du Prix Nobel de la Paix 2018 Denis Mukwege : panzifoundation.org/fr/dr-denis-mukweges-nobel-peace-prize-speech/

 

Le modèle Panzi des soins holistiques : panzifoundation.org/fr/holistic-model/

 

 

 

Texte écrit le 28 décembre 2025 par Nathalie L'Hostis.

 

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https://pilar-institute.com/shop/category/191

 

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