Cet épisode s’inscrit dans La Fabrique du roman, une série de textes consacrés à la construction du roman Genèse imparfaite de Nathalie L’HOSTIS, publié aux éditions Pilar.
À travers dix épisodes et deux bonus écrits par l'autrice, cette série revient sur la genèse littéraire et éditoriale du livre, de l’idée initiale aux choix d’écriture et d’édition, en lien étroit avec le monde hospitalier, les maladies rares et les réalités du soin.
Quand on s’intéresse à la lecture ou à l’édition, une évidence le dispute à la beauté : le livre est avant tout un objet, c’est-à-dire « toute chose concrète, perceptible par la vue, le toucher » selon la définition du Larousse.
Lors des épisodes précédents, j’ai donné quelques grands chiffres, les centaines de titres publiés chaque année, la concurrence entre maisons et la poignée d’autrices et d’auteurs sur l’autel des ventes. Entre mon P&L prévisionnel et le plan marketing, la couverture nous a paru essentielle.
« C’est 50 % de l’acte d’achat en librairie » : si la mesure n’est pas scientifique, cet aphorisme aux allures de bon sens nous a fait vite fait prendre l’enjeu d’une couverture.
Je vous emmène donc dans un vaste univers où tout n’est pas qu’histoire de goût. Les pratiques, le positionnement, le coût et la culture comptent aussi.
Nous aurions pu partir sur un choix à la française, très sobre, c’est-à-dire un fond uni et un titre lisible et simple. Sachez que si cela donne une image de sérieux, outre-Atlantique, cette pratique est vue comme un inachèvement : pour un lecteur ou une lectrice des États-Unis – nous en avons été témoins lors de nos visites dans de nombreuses libraires et bibliothèques américaines – la couverture se doit d’être bariolée, en carton épais, avec de grandes lettres voire la photo de l’auteur et une accroche.
L’autrice que je suis voit dans la couverture un prolongement de l’écriture. Pourquoi ne pas partir sur quelque chose d’unique, fait main, par une artiste des Beaux-Arts ? Laurence Lemaire coche toutes ces cases. Et c’est mon amie.
Avec Marie, nous lui proposons ce projet en mentionnant les grandes caractéristiques de l’histoire … et sommes partis sur un faux départ. Laurence est équipée et dessine fantastiquement. Pour son inspiration, je lui ai remis la photo du troisième épisode prise au Mövenpick à Gammarth. Sont rapidement arrivées une première, une deuxième, une troisième version. Mais nous ne le sentions pas vraiment.
Alors, j’ai proposé de repartir à zéro : « Pourquoi ne nous tisserais-tu pas un macramé ? ». Avec Laulem création, notre architecte-designeuse fait des nœuds avec des kilomètres de cordes colorées et donne vie à de nombreux objets.
En quelques jours, Laurence fabrique un cadre d’environ 50 x 30 cm, tisse du blanc, ce bleu magnifique qui rappelle Sidi Bou Saïd et crochète un fil rouge, témoin de l’imperfection de mon histoire.
Marie et moi applaudissons : c’est parfait.
La dernière mise en beauté sera faite par Cyrille Vidal, photographe à Aire-sur-l’Adour et double Meilleur Ouvrier de France (MOF) en photographie d’art (2015) et industrielle (2017). Ils se connaissant bien avec Marie, du sable des arènes estivales aux concerts d’ensembles landais.
Je ne sais si notre objectif de différenciation au premier coup d’œil est atteint. Mais vous savez maintenant que cette couverture est noblement artisanale et IA-free.

Lau.Lem créations www.instagram.com/lau.lem_creation/
Taga Mica Design www.taga-mica-design.com/blank-1
Studio Cyrille Vidal www.studiovidal.net/
Pourquoi les couvertures de livres françaises sont si fades : https://www.youtube.com/watch?v=Z02Jn8jPJsU&t=3s
Texte écrit le 31 décembre 2025 par Nathalie L'Hostis.
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